- Demande de récupération : La banque émettrice de la carte demande à la banque acquéreur de fournir des informations supplémentaires pour une transaction donnée.
- Réponse à la demande de recherche : Sur la base des informations fournies, la banque acquéreur et la banque émettrice résolvent le litige, si possible. Sinon, la banque acquéreur transmet une notification de rétrofacturation au commerçant.
- Chargeback : Le titulaire de la carte conteste une transaction qui a été effectuée sur son compte bancaire. L’émetteur examine d’abord le différend, puis en informe l’acquéreur, qui en informe le commerçant.
- Représentation du chargeback : Le commerçant accepte la rétrofacturation ou la conteste en soumettant les preuves nécessaires (preuves irréfutables) à son acquéreur, qui les envoie à la banque du titulaire de la carte.
- Pré-arbitrage ou deuxième chargeback : Après avoir examiné les preuves fournies par l’acquéreur et vérifié auprès du titulaire de la carte, l’émetteur approuve ou rejette la contestation. Si l’émetteur approuve la contestation, le crédit provisoire est annulé et renvoyé au commerçant. Si l’émetteur rejette la contestation, il ouvre un pré-arbitrage (Visa) ou un second débit compensatoire (Mastercard).
- Réponse au pré-arbitrage (ou au second chargeback) : Le commerçant doit fournir une réponse et confirmer s’il accepte ou rejette le pré-arbitrage ou le second chargeback.
- Soumission à l’arbitrage : À ce stade, si la banque émettrice n’accepte toujours pas les preuves fournies par l’acquéreur, la rétrofacturation peut être soumise au réseau de cartes pour une décision finale.
- Décision finale : Le réseau de cartes examine les preuves et prend une décision finale. La partie perdante est alors débitée du montant de la rétrofacturation et des frais de traitement.
Que sont les codes de motifs de rétrofacturation ?
Les codes de motifs informent les commerçants de la raison pour laquelle le client conteste une transaction, sur la base des informations qu’il a fournies à sa banque. Les banques émettrices suivent des règles standard pour valider une rétrofacturation et l’associer à un code de motif spécifique en fonction des preuves fournies.
Types de chargebacks
Les chargebacks peuvent être classés en trois catégories : fraude criminelle, erreur du commerçant et « friendly fraud » (qui pourrait se traduire en français « fraude amicale »). Chaque catégorie résulte de circonstances différentes et doivent donc être traitées différemment.
Les chargebacks pour fraude criminelle se produisent lorsqu’un escroc ou un voleur d’identité effectue une transaction non autorisée sur une carte de crédit. Nous conseillons vivement aux commerçants de ne pas perdre de temps ni de ressources à tenter de les contester. Toutefois, les commerçants peuvent réduire ces chargebacks en mettant en place de puissants systèmes antifraude qui permettent de définir une stratégie précise.
Les chargebacks par erreur du commerçant se produisent lorsque le débit compensatoire est dû à une erreur commise par le commerçant, comme l’expédition d’un mauvais produit, d’un produit endommagé ou défectueux, ou la non-livraison du produit. Ce type de litige peut parfois être représenté efficacement, mais l’action la plus recommandée est d’identifier et de réparer la vraie cause de l’erreur.
Les chargebacks pour friendly fraud concernent les clients qui abusent de la procédure de rétrofacturation en déclarant des transactions valables comme étant frauduleuses afin d’obtenir un remboursement. Les clients peuvent agir de la sorte de manière délibérée, par erreur ou par confusion.
Étonnamment, la friendly fraud est le type de chargeback le plus courant, puisqu’elle représente 60 % à 80 % de l’ensemble des rétrofacturations. Vient ensuite l’erreur du commerçant, qui représente 10 % à 20 % de toutes les rétrofacturations. Seuls 5 à 10 % des cas concernent une fraude criminelle.
Code du chargeback et raison véritable
Lorsque la procédure de rétrofacturation est utilisée légitimement, les codes de motifs de rétrofacturation correspondent la plupart du temps à la réalité sous-jacente, sur la base des preuves fournies par le titulaire de la carte et de l’analyse de la banque du titulaire de la carte. La seule exception serait une erreur de la banque du titulaire de la carte lors du dépôt de la rétrofacturation.
Cependant, en particulier dans le cas de la friendly fraud, les clients abusent de la procédure de rétrofacturation et, par conséquent, un code de motif de rétrofacturation peut en fait cacher un cas de fraude. Par exemple, un client affirme qu’il n’a pas reçu un produit expédié alors qu’il l’a reçu. C’est pourquoi les rétrofacturations doivent être analysées en profondeur afin d’en identifier la vraie cause, et les commerçants doivent mettre en œuvre des solutions pour empêcher ou du moins limiter ces cas de figure.
Les risques de chargeback pour les commerçants
Responsabilité et authentification forte du client
Les commerçants sont par défaut responsables des chargebacks et ont la charge de la preuve en cas de litige. Si le commerçant ne prend aucune mesure, le consommateur gagne par défaut.
Depuis le 1er octobre 2015, les commerçants qui acceptent les transactions de proximité (Card Present – CP) et qui ne sont pas équipés d’un lecteur de cartes EMV sont responsables de certains types de transactions frauduleuses. Si un fraudeur paie avec une carte EMV contrefaite et que le commerçant n’a pas de lecteur de carte EMV, ce qui signifie que le commerçant devrait faire glisser la bande magnétique au lieu d’insérer la puce EMV, le commerçant serait responsable de cette charge. Le transfert de responsabilité a joué un rôle important dans l’accélération de l’adoption de la norme EMV, qui est un moyen de paiement beaucoup plus sûr, tant pour les clients que pour les commerçants.
Outre le risque financier, l’utilisation d’une carte EMV pour le paiement est devenue la norme pour la plupart des clients car elle est beaucoup plus sûre. L’acceptation des cartes à puce protège non seulement les commerçants contre la fraude, mais permet également aux clients de payer de la manière qu’ils préfèrent.
Pour les transactions CNP, le commerçant est automatiquement responsable, sauf si une authentification forte du client (SCA) est utilisée. Même si la plupart des acquéreurs contestent actuellement les débits compensatoires dus à une fraude criminelle – sans que le commerçant ait à intervenir – certains acquéreurs demandent encore aux commerçants de fournir une preuve d’authentification 3D Secure. S’ils ne fournissent pas cette preuve, le commerçant subit une perte qui aurait pu être facilement évitée.
Dans les deux cas, le commerçant est toujours responsable des chargebacks dus à ses propres erreurs.
3D Secure peut sembler être la solution parfaite pour atténuer le risque de rétrofacturation, car la responsabilité est transférée à la banque émettrice. Cependant, l’application systématique de SCA peut devenir un véritable tueur de conversion.
Développer une stratégie de rétrofacturation
Si nous prenons en compte tous les coûts associés à la fraude (i.e. frais, marchandise, distribution…), chaque euro fraudé coûte au total aux entreprises 3,36 euros, contre 3,13 euros en 2019 et 2,40 euros en 2016, selon LexisNexis Risk Solutions. Cela rend l’élaboration d’une stratégie de lutte contre la fraude essentielle pour les commerçants.
La première étape de la prévention des chargebacks chez les commerçants consiste à déterminer le degré de vulnérabilité du commerçant et son appétit pour le risque. En d’autres termes, quel niveau de risque le commerçant est-il prêt à prendre pour maximiser ses revenus ?
La deuxième étape consiste pour les commerçants à analyser la source des chargebacks. L’analyse doit commencer par les codes de motif de rétrofacturations, suivis d’une analyse plus approfondie pour identifier les véritables causes si elles diffèrent. Cette étape vise à identifier les chargebacks qui sont liés à une fraude criminelle, ceux associés à des erreurs du commerçant et ceux qui sont très probablement dus à une friendly fraud.
Prendre les mesures nécessaires
La troisième étape consiste à prendre des mesures pour commencer à éliminer chaque type de chargeback.
Le premier type de rétrofacturation auquel il faut s’attaquer est la fraude criminelle. Il existe de nombreuses façons d’améliorer la protection contre la fraude criminelle. Vous devez être équipé d’un outil de scoring puissant qui vous permet d’identifier les transactions frauduleuses avant qu’elles ne se produisent (prévention de la fraude par rétrofacturation), tout en limitant les faux positifs (clients légitimes bloqués par l’outil antifraude). Les commerçants ne se rendent pas compte de l’argent qu’ils laissent sur la table en bloquant des clients réels qui sont prêts à payer et qui ont des fonds sur leur compte bancaire.
Les erreurs des commerçants sont le deuxième type de rétrofacturation qu’il convient de réduire car elles relèvent de la responsabilité du commerçant. Les erreurs du commerçant peuvent aller de la présence d’étapes inutiles dans le parcours du client à une politique de remboursement peu claire. Une analyse correcte de l’environnement de paiement et des besoins du commerçant est nécessaire pour identifier les processus et les outils à mettre en œuvre afin d’éviter les débits compensatoires liés aux erreurs du commerçant.
Le type de rétrofacturation le plus difficile à réduire est la friendly fraud. La friendly fraud est presque impossible à prévenir car, par définition, ce type de fraude est perpétré par de vrais clients. Il est donc essentiel de mettre en place un processus efficace de traitement de ce type de chargeback.
Les commerçants peuvent adopter et suivre plusieurs bonnes pratiques pour aider à réduire les rétrofacturations dues à de mauvaises politiques de remboursement et de retour.
En général, une analyse approfondie de l’environnement du commerçant peut aider à prévenir certains types de rétrofacturation. Chaque commerçant a des besoins qui lui sont propres, en fonction de sa stratégie et de son organisation interne. En conséquence, il n’existe pas de solution unique pour traiter l’épineux problème des chargebacks.