Durcissement des conditions de crédit, exigences accrues des prêteurs, ralentissement des cessions d’actifs : le financement de la transition énergétique traverse une passe difficile. Si les banques françaises restent mobilisées, elles serrent les boulons. Décryptage avec Sébastien Loison, senior director, conseil en financement chez Redbridge.

Le secteur de la transition énergétique illustre le durcissement des comités de crédit. L’incertitude réglementaire, la contestation de l’éolien onshore et l’allongement des délais de raccordement pèsent sur la croissance des développeurs et des opérateurs, auxquels s’ajoutent des difficultés opérationnelles : volumes de production en deçà des attentes, rentabilité de certaines plateformes en question. Les leviers (gearings) obtenus sur les financements d’actifs sont moins généreux. Les cessions d’actifs ralentissent dans un marché moins profond et les remontées de cash se tarissent rapidement dès que la production faiblit.

La liquidité des holdings s’en trouve contrainte, explique Sébastien Loison, senior director, conseil en financements chez Redbridge, qui distingue cependant les financements d’actifs portés par des pure players – en logique de financement de projet, où la liquidité reste présente à des prix bas – des projets de transition menés par des corporates non spécialisés, adossés au profil de crédit du groupe et soumis au regard porté sur son secteur.

Les banques françaises continuent de soutenir la transition énergétique, mais avec des exigences accrues : négociations plus difficiles, credit stories plus délicates à défendre, contribution des actionnaires désormais largement demandée, prix en hausse et security packages plus garnis. Certaines banques de financement et d’investissement se montrent même réticentes à entrer en relation avec de nouveaux clients. Les banques internationales affichent des ambitions mais restent prudentes, cantonnées aux opérations de premier plan.

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